Une « méga » victoire pour l’économie canadienne
Il y a des victoires en matière de représentation des intérêts, et il y a celles qui peuvent transformer fondamentalement le contexte de l’investissement pour l’ensemble d’une économie. L’annonce par le gouvernement fédéral de la superdéduction à la productivité appartient sans contredit à cette deuxième catégorie.
Depuis des années, l’Association des chemins de fer du Canada (ACFC) et ses membres plaident en faveur de mesures fiscales permanentes qui tiennent compte d’une réalité fondamentale du secteur ferroviaire : il s’agit d’une industrie à très forte intensité de capital. Chaque année, les compagnies de chemin de fer investissent des milliards de dollars dans les voies ferrées, les ponts, le matériel roulant, les terminaux et les technologies qui permettent d’assurer le transport sécuritaire des marchandises et des voyageurs partout au pays.
Ces investissements accroissent la capacité de nos chaînes d’approvisionnement, soutiennent les clients, relient les entreprises canadiennes aux marchés et renforcent les infrastructures commerciales dont dépend notre économie. La superdéduction à la productivité rend le Canada plus attrayant pour les investisseurs et incite davantage les entreprises à réaliser d’importants investissements en capital au pays, et à les devancer.
Pour les compagnies de chemin de fer, cela signifie un environnement plus favorable aux investissements à long terme qui augmentent la capacité, améliorent l’efficacité et renforcent les infrastructures dont le Canada aura besoin pour assurer sa croissance et diversifier ses échanges commerciaux. Tout aussi important, cette même mesure incite les clients des compagnies de chemin de fer à investir dans leurs propres installations, équipements et capacités, favorisant ainsi une vague plus large d’investissements du secteur privé dans les chaînes d’approvisionnement canadiennes.
Plus tôt cette année, l’ACFC a commandé une étude indépendante afin de quantifier les retombées potentielles de cette mesure. Selon cette analyse, l’élargissement de l’amortissement immédiat permanent au secteur du transport et de l’entreposage pourrait générer 591 millions de dollars supplémentaires en investissements privés chaque année et accroître le produit intérieur brut (PIB) annuel du Canada de 887 millions de dollars.
Aujourd’hui, nous voyons ces efforts de représentation des intérêts se traduire en mesures concrètes.
À mes yeux, cette annonce démontre également ce que peuvent accomplir des efforts soutenus de représentation des intérêts fondés sur des données probantes. L’ACFC, ses membres et ses partenaires ont fait valoir que favoriser l’investissement privé n’est pas seulement une bonne politique pour les compagnies de chemin de fer, mais aussi une bonne politique économique pour le Canada. Toutefois, l’investissement n’est qu’un élément de l’équation de la compétitivité.
Les entreprises investiront au Canada lorsque les conditions seront favorables. Elles doivent également avoir confiance dans la fiabilité de nos réseaux de transport et de nos chaînes d’approvisionnement. Le Canada a besoin à la fois d’investissements et de prévisibilité pour renforcer sa compétitivité et consolider sa réputation de partenaire commercial fiable.
Cela m’amène au projet de loi C-39.
L’ACFC appuie plusieurs mesures prévues dans ce projet de loi. Les mesures visant à accélérer l’approbation des projets, à favoriser le début plus précoce des négociations collectives et à instaurer un mécanisme de médiation spéciale peuvent contribuer à faire du Canada un endroit plus propice à la construction, à l’investissement et aux affaires. Nous avons toutefois également indiqué clairement les aspects pour lesquels le projet de loi doit aller plus loin.
Plus particulièrement, les modifications proposées à l’article 107 du Code canadien du travail laissent subsister une lacune importante. Dans des circonstances exceptionnelles où l’intérêt public national est menacé, le gouvernement fédéral doit disposer d’un mécanisme lui permettant d’intervenir avant qu’une grève ou un lock-out ne cause des préjudices économiques importants, et non seulement une fois que la perturbation est déjà en cours.
Cette préoccupation ne se limite pas au secteur ferroviaire. Depuis le dépôt du projet de loi, l’ACFC a rassemblé 19 organisations représentant les chaînes d’approvisionnement et divers secteurs industriels autour d’une lettre conjointe adressée au premier ministre Carney, demandant une modification ciblée pour combler cette lacune. L’ampleur de cette coalition démontre à quel point le besoin d’une plus grande prévisibilité des relations de travail se fait sentir dans l’ensemble de l’économie canadienne.
Nos efforts se poursuivent alors que le projet de loi C-39 chemine au Parlement. L’ACFC échange avec le gouvernement et les parlementaires, se prépare à l’étude en comité et veille à ce que le point de vue du secteur ferroviaire soit entendu pendant l’examen du projet de loi.
Bien entendu, la compétitivité ne repose pas uniquement sur l’investissement et la stabilité des relations de travail. Elle dépend également de notre capacité à exercer nos activités de manière sécuritaire, efficace et durable.
En septembre, l’ACFC et Opération Gareautrain ont souligné la Semaine de la sécurité ferroviaire aux côtés des compagnies de chemin de fer, des gouvernements, des organismes d’application de la loi, des collectivités et des partenaires de partout au pays, afin de rappeler un message qui demeure fondamental pour notre industrie : la sécurité est au cœur de tout ce que nous faisons. La Semaine de la sécurité ferroviaire a lieu une fois par année, mais les efforts qui la sous-tendent se poursuivent chaque jour, sur nos réseaux, dans nos collectivités et grâce aux milliers de cheminots qui assurent le transport sécuritaire des personnes et des marchandises partout au Canada.
Nous avons également publié récemment notre rapport annuel sur la surveillance des émissions des locomotives, qui met en lumière les progrès réalisés à long terme par le secteur ferroviaire en matière d’efficacité et de performance environnementale. Et à l’approche de RailCAN26, nous nous préparons à réunir à Ottawa les représentants de l’industrie, des gouvernements et de nos partenaires pour discuter d’un enjeu important : l’avenir du transport ferroviaire au Canada. J’espère avoir le plaisir d’y retrouver bon nombre d’entre vous.
Les dossiers sont nombreux, mais ils ont tous un point commun. Le Canada prend actuellement des décisions déterminantes quant à la façon d’attirer les investissements, de construire les infrastructures, de renforcer les chaînes d’approvisionnement et de demeurer concurrentiel dans une économie mondiale en évolution. Le transport ferroviaire est au cœur de toutes ces priorités. Notre rôle à l’ACFC est de veiller à ce que le secteur ferroviaire participe aux discussions lorsque ces décisions sont prises, et à ce que le Canada dispose du réseau ferroviaire sécuritaire, fiable et concurrentiel dont il a besoin pour assurer sa croissance.
– Eric Harvey, Président-Directeur Général, Association des chemins de fer du Canada