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Profil de membre | Alberta Prairie Railway Excursions

Alberta Prairie Railway Excursions est une entreprise membre de l’ACFC située à Stettler, en Alberta, qui offre des excursions ferroviaires quotidiennes. Comme de nombreuses entreprises du tourisme et des loisirs, elle a été très durement touchée par la COVID. Cependant, Alberta Prairie persévère. Le directeur général Bob Willis partage le secret de la réussite de l’entreprise jusqu’à maintenant.

Comment la COVID a-t-elle touché Alberta Prairie Railway et ses employés ?
La COVID est arrivée au Canada en février 2020. En mars, il est devenu évident que nous étions en difficulté. Les restrictions sanitaires commençaient. C’était tout à fait compréhensible, mais ça indiquait que nous ne pourrions tout simplement pas fonctionner comme nous l’avions toujours fait. Nous avons des wagons ouverts – la plupart de jour –, ce qui rend la distanciation sociale difficile. Une bonne partie de nos opérations comprend de l’animation, et il y avait des restrictions sur le chant, entre autres choses.

Tous les fonds que nous avions reçus pour les excursions de 2020 ont été immédiatement remboursés.

Dès le départ, il semblait que nous étions morts et enterrés. Nous avons mis tout le personnel à pied, sauf quelques personnes dont nous avions besoin pour l’entreposage du matériel et des wagons. Nous avons fait ces mises à pied dans l’idée que nous allions reprendre tous ces employés dès que nous le pourrions.

C’est l’entreposage qui nous a sauvés. Si nous ne pouvions pas rouler pendant Dieu sait combien de temps, nous nous sommes demandé comment utiliser le matériel différemment. Comme le secteur pétrolier était aussi au ralenti, il y avait beaucoup de wagons excédentaires qui devaient être entreposés, et nous avons pris ce que nous pouvions.

Nous savons que les exploitants touristiques partout au Canada et dans le monde entier ont été parmi les plus durement touchés. Comment avez-vous fait pour vous en sortir ?
Grâce à l’entreposage de wagons-citernes pour le pétrole. Sans cela, nous n’aurions gagné aucun revenu du 13 mars 2020 jusqu’à il y a deux semaines.

Certaines des façons dont le gouvernement allouait les fonds ne fonctionnaient pas pour les petites entreprises, mais le programme visant à garder les gens au travail a été très utile. Il nous a permis de reprendre rapidement tous les employés mis à pied pour les faire travailler sur la réparation des wagons et la préparation d’une autre destination touristique pouvant être adaptée en fonction des restrictions relatives à la pandémie.

Les entreprises des secteurs des loisirs et du tourisme sont très durement touchées. Et nous travaillons dans ces deux domaines. Il fallait donc faire autre chose.

À la fin de l’été et au début de l’automne 2020, après une série de consultations avec des responsables de la santé publique et l’élaboration d’un plan exhaustif sur la COVID-19, il semblait que nous pourrions exploiter le train POLAR EXPRESS de la fin novembre jusqu’en décembre 2020. Malheureusement, la troisième vague a frappé et, trois jours avant le début du POLAR, nous sommes entrés en confinement. Nous avons dû faire une deuxième série de remboursements à nos clients, cette fois encore plus rapidement, car nous pensions qu’il était important que les remboursements soient faits à temps pour Noël.

Après Noël, il semblait vraiment qu’il n’y aurait rien du tout en 2021. Mais nous avons commencé à planifier ce que nous pouvions ou devions faire différemment quand nous pourrions enfin rouvrir.

Nous avons créé un tout nouveau service pouvant accueillir pas moins de 250 clients à la fois – avec une cuisine et une salle à manger, des salles de bains, des édifices et des structures de soutien, notamment des ponts. C’était une initiative de taille. Nous avons réussi à le faire en quelques mois seulement.

Nous avons une très bonne histoire sur le pouvoir de l’ingéniosité, de l’esprit d’entreprise, du cœur et de l’entraide.

 

À quoi ont ressemblé les premières étapes de la reprise pour Alberta Prairie ?
Nous avons dû réengager et reformer tout le monde. Nous visions la première partie de septembre. Puis l’Alberta a soudainement décidé de lever les restrictions pour le Stampede de Calgary au début juillet. Nous nous sommes remis au travail pour rouvrir en août 2021. Il faudra plusieurs mois pour que nos clients déplacent tous leurs wagons vers les nouveaux lieux d’entreposage, ce qui signifie que nous ne pourrons pas aller au Village of Big Valley. Nous avons donc repris les plans de l’année dernière et nous offrons de nouveaux forfaits vers un nouvel endroit. Ça marche. C’est un immense succès.

Nous maintenons notre philosophie consistant à divertir les gens et à respecter l’histoire des voyages en train dans cette partie du monde.

À quoi les gens peuvent-ils s’attendre avec une excursion avec vous ?
Normalement, nous amenons environ 400 personnes dans une ancienne communauté ferroviaire du nord, qui comprend une rotonde et toutes sortes de caractéristiques d’un village pionnier, notamment une rue principale restaurée, un musée d’outils à main et même une église de pionniers. Les gens chantent, interagissent et se déplacent dans les wagons, et le train comprend le Saloon Lone Star.

Pour le moment, nous faisons des voyages plus courts, avec beaucoup moins de gens, à une toute nouvelle destination où les gens peuvent jouer à des jeux forains, se promener en chariots de foin, visiter une fermette, faire un tour dans le train à barils et réaliser une foule d’autres activités. Nous sommes passés des buffets à un service de style cafétéria, avec une rôtisserie et des grillades. Les activités se déroulent à l’extérieur et la distanciation sociale est respectée.

La plupart de nos clients, sinon la totalité, adorent cette nouvelle expérience.

L’Alberta a été parmi les premières provinces à lever les restrictions de santé publique. Comment vos clients ont-ils réagi ? Quels protocoles avez-vous mis en place pour assurer la sécurité de votre personnel et de vos clients ?
La province a éliminé presque toutes les restrictions. Mais nous maintenons plusieurs protocoles.

Tous les employés sont pleinement vaccinés, et tous ceux qui manipulent de la nourriture portent des gants et un masque. Nous faisons des vérifications de la santé des employés et nous les envoyons se faire tester s’ils semblent avoir des problèmes de santé. De plus, le port du masque est encouragé chez tous les employés qui travaillent en contact étroit avec les clients ou d’autres employés.

Les passagers peuvent porter le masque s’ils le souhaitent. Ils peuvent aussi demander à être socialement distancés des autres passagers, et nous le faisons dans la mesure du possible. Les stations de désinfectants pour les mains sont toujours en place.

Jusqu’à présent, les passagers n’ont fait part d’aucune crainte. Normalement, les gens nous disent si quelque chose ne leur convient pas. Ils connaissent la situation. La plupart ne se déplacent pas. Nous sommes complets. Il est évident que nous faisons quelque chose de bien.

 

Est-ce que votre adhésion à l’ACFC a été utile pendant cette période difficile ?
Dès le tout début, nous avons senti que l’Association s’intéressait à notre sort et qu’elle allait se battre pour nous auprès du gouvernement. C’était très rassurant. Nous sommes très reconnaissants.

Quelles sont les perspectives pour le tourisme ferroviaire en Alberta/au Canada/en Amérique du Nord compte tenu des événements des 18 derniers mois ?
Il va probablement falloir quelques années pour nous remettre.

Il existe deux types de tourisme : le tourisme canadien (des Canadiens qui visitent le Canada) et le tourisme international. Le tourisme international va être très lent. Le tourisme local et provincial reprendra plus rapidement et, de toute façon, c’est notre principale activité.

Si on en perd un, ça fait mal. Si on perd les deux, on est fichus. Nous vivons principalement des voyages interprovinciaux.

Le reste est un petit surplus.

Il va falloir beaucoup de temps pour que ce surplus revienne. Mais nous nous en sortons… pour le moment.