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Locomotive à hydrogène du CP : La prochaine étape de l’évolution du transport ferroviaire ?

Quel est le prochain chapitre de l’histoire du transport ferroviaire ? Les trains modernes sont déjà des modèles d’efficacité et d’innovation. Mais le CP repousse les limites avec l’un des piliers de la vie humaine : les trains à hydrogène. Ceux-ci pourraient contribuer aux efforts de décarbonisation du Canada tout en transportant les biens d’un océan à l’autre.

La locomotive à hydrogène illustre l’engagement du CP à faire progresser le secteur ferroviaire. Elle fonctionne en combinant l’hydrogène, l’élément le plus abondant de l’univers, avec l’oxygène de l’atmosphère à l’intérieur d’une pile à combustible. La réaction chimique génère de l’électricité, qui fait tourner les roues de la locomotive. La seule émission qui en découle est l’eau, qui s’échappe sous forme de vapeur – un petit rappel des origines de la locomotive à vapeur.

« C’est un dérivé de l’eau, ce n’est pas techniquement de la vapeur, explique Matthew Findlay, directeur des Systèmes mécaniques au Canadien Pacifique. Mais quand on voit la locomotive passer avec de la vapeur qui sort sur les côtés, c’est comme un flash-back. »

Matthew Findlay, directeur des Systèmes mécaniques au Canadien Pacifique

 

Le principal avantage de la propulsion à l’hydrogène est la flexibilité opérationnelle, explique M. Findlay. Si cette technologie était utilisée plus largement, nous pourrions facilement adapter les activités actuelles de ravitaillement et d’entretien des trains. Par exemple, les moteurs au diesel existants fonctionnent avec un ravitaillement direct de la locomotive. Un camion-citerne s’arrête et ravitaille la locomotive sur le terrain, éliminant la nécessité de se rendre à une installation de ravitaillement. Les trains à hydrogène pourraient utiliser un processus similaire, ce qui entraînerait des temps de ravitaillement beaucoup plus courts que ceux qui seraient nécessaires pour recharger de gros blocs de batteries.

Cela rend cette technologie idéale pour le transport de marchandises comparativement à d’autres solutions. Si le train fonctionnait entièrement avec des batteries, il devrait retourner à un poste de charge tous les soirs — ce qui n’est pas l’idéal quand notre chaîne d’approvisionnement dépend de la rapidité et de la fluidité.

  1. Findlay explique qu’il y a de nombreux obstacles à l’expansion de cette innovation. L’un des principaux défis pour le Canada sera d’adapter l’infrastructure de ravitaillement afin de mieux soutenir les trains à hydrogène.

Il faut aussi tenir compte des coûts initiaux, explique M. Findlay. Cependant, à long terme, les trains à hydrogène seront globalement plus rentables. Les groupes motopropulseurs à hydrogène comprennent moins de pièces mobiles que les moteurs au diesel et, ainsi, moins de composantes risquent d’être endommagées. Cela permet de réduire les coûts d’entretien. De plus, les piles à hydrogène ont un rapport puissance-poids plus élevé, ce qui leur permet de transporter des volumes plus importants avec moins de carburant. Cela pourrait réduire considérablement les coûts d’exploitation. De plus, si l’on tient compte de la future tarification du carbone, il pourrait être moins coûteux de produire de l’hydrogène que des combustibles traditionnels.

L’hydrogène sera-t-il un jour le principal mode de propulsion des trains au Canada ? C’est difficile à dire, admet M. Findlay. Diverses innovations vont probablement se développer simultanément, chacune ayant une fonction différente dans le transport ferroviaire. Mais peu importe ce que l’avenir nous réserve, M. Findlay et son équipe du CP font leur marque dans l’histoire du secteur ferroviaire.